Les examens sont officiellement TERMINÉS. Les journées qui ont suivi ce marathon ont été idylliques, party de fin de session, pique-nique sous la pluie, souper avec des amies du primaire, resto avec petit copain, etc etc. Je profite d’être enfin confortablement installée à la maison pour vous parler de mes nouvelles découvertes.
En fait, le titre de ce billet, qui est en fait emprunté d’une chanson des Yeah Yeah Yeahs, voulait témoigner de mon indignation initiale survenue pendant la période d’examens. Mon frère, revenant d’un cours d’éthique et de religion, venait de ma parler de la définition de la femme et de l’homme telle que vue par les élèves de sa classe.
Apparemment, pour les pubères de 16 ans (ayant probablement une vénération pour des gens ayant autant contribué à la cause des femmes que Paris Hilton) , la femme est définie par le ménage et la cuisine, tandis que les hommes, c’est tout ce qui touche le barbecue et les voitures (achat et entretien). Autant vous dire qu’une féministe comme moi a bondi de sa chaise. Parce que quoi, une femme ne peut pas aimer les voitures? Qu’un homme ne peut pas assumer sa partie du rangement ou apprécier de mitonner? Parce que l’homme et la femme sont complémentaires à ce niveau là?
Que fait-on de Simone et de son « On ne naît pas femme, on le devient»?
Café + manque de sommeil+ stress+ article sur le délaissement de la cause des femmes par les jeunes femmes en Europe+ chansons d’artistes pop féminines à la radio telles que All The Single Ladies (qui me connaît sait à quelle point j’abhorre le message de cette chanson) + anecdote de mon frère ont fait jaillir en moi le cri déchirant suivant :
«Le féminisme est mort!»
Cependant, au moment où je croyais le féminisme en mauvaise posture, voilà que je le lis un article sur une province où le matriarcat est à son comble en Inde. Oui, vous avez bien lu, au pays des immoleurs de femmes et des sérial avorteurs de foetus féminins. Dans cet endroit coincé entre les plaines du Népal et les montagnes indiennes, les hommes doivent déménager dans le clan de leur épouse et faire les tâches lourdes, puis leurs enfants porteront le nom de la mère. Les femmes sont reines (et les seules) du marché, sauf pour quelques artisans triés sur le volet, bien que les hommes sont exclus des décisions relatifs au marché. Il s’agit d’une honte pour les hommes de ne pas laver le linge sale de leur femme.
Jusque-là, il n’y a pas eu de problèmes, les hommes ayant toujours grandi dans un tel milieu et voyant en cela un partage des tâches juste selon les forces de chacun. La télévision a été le catalyseur. Ils ont pu voir le monde de Bollywood où les femmes sont aux pieds des hommes, et ont soudainement eu la sensation d’être des bêtes de traits et des fournisseurs de sperme. Un mouvement masculiniste est en cours, s’appuyant sur les discours anciens… des féministes.
On en sourit, mais il est important de rappeler à ces jeunes adolescentes quel chemin a été fait. Que des choses qu’on considère aujourd’hui triviales comme voter, avorter, ou prendre la pilule, on n’y a droit depuis pas si longtemps que ça… Que leurs grands-mères ont trimmé dur sué pour qu’elles puissent aujourd’hui avoir accès à toutes les facultés des universités. Qu’aujourd’hui encore, les inégalités entre les hommes et les femmes existent encore dans notre beau pays, notamment au niveau salarial. Que le machisme veille encore. Que malgré nos acquis, ce n’est pas fini.
Qu’ailleurs, des femmes rêveraient de pouvoir travailler, de se promener sans être accompagnée d’un homme, de conduire, de pouvoir aller à l’école sans être menacée. Qu’ailleurs, des jeunes filles sont excisées, immolées au nom de l’honneur de la famille, ou ont les seins repassés aux pierres brûlantes pour ne pas attiser la convoitise des hommes…
À ce propos, je vous conseille l’excellent film Persepolis, adapté de la bande dessinée de Marjane Satrapi. Il montre la révolution iranienne et la répression des libertés individuelles (notamment celle des femmes) qui s’ensuit à travers les yeux d’une petite fille qui grandit entre les BeeGees et la guerre entre l’Irak et l’Iran. C’est l’histoire d’une fille moderne dans un monde qui se veut en régression : une ado qui secoue les cheveux sur du Iron Maiden pour oublier la guerre et qui brode des écussons de Micheal Jackson sur son uniforme robe+voile islamique. En dépit de la lourdeur du sujet, le thème est traité de façon rigolote, légère et fraîche à travers des dessins simples et richement stylisés à la fois. À voir absolument. Moi, je cours m’acheter la BD.
Sur ce, dodo.

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juin 4, 2009 à 3:53
Z.
Dans le même esprit, il y le récit (histoire authentique) d’Azar Nafisi, Lire Lolita à Téhéran, qui relate la vie de l’auteur, professeur de littérature américaine à l’Université de Téhéran qui décide de faire un cercle de lecture clandestin avec les livres interdits. Autant au niveau littéraire les références sont exquises, mais le cadre socio-politico-culturel est dépeint d’une façon très intéressante. Ce serait une autre belle lecture d’été, si le sujet t’intéresse toujours :)