Je suis allée voir l’exposition Imagine, gracieuseté de Yoko Ono, avec Amanda et Karen l’autre jour.
Je n’avais jamais été une grande fan du mouvement Dada, mais je dois admettre que les oeuvres de Yoko m’ont grandement inspirée, ses haikus de son livre Grapevine, en particulier. Il y a quelquechose dans ses écrits et ses réalisations qui crie Carpe diem, quelquechose que nous avons si tendance à oublier dans notre quotidien qui va si vite. Écouter le bruit de la neige. L’«enfermer» et le faire écouter aux autres. Monter une échelle pour voir un tout petit YES au plafond. Regarder une pomme et y voir quelquechose de non abouti, le cycle de la vie. Les trivialités de la vie dans ce qu’elles ont de plus beau, dans la ligne de l’esprit zen prôné par le célèbre couple du Yoko Plastic One Band.
C’est également le temps d’observer un couple fascinant, avant-gardiste et militant. Contre la guerre, c’est bien connu, mais également le machisme (Women are the World’s Niggers, ou quelquechose comme ça, une chanson qui est un manifeste féministe aux images assez fortes) et le racisme par la nature même de leur couple. Un couple tolérant, extrêmement ouvert, qui ouvre son intimité à tous encore aujourd’hui, après l’avoir fait durant le bed-in au Queen Elizabeth.
Les multiples matérialisations de la paix pensées par Yoko sont également extrêmement touchantes : que ce soit un jeu d’échecs totalement blanc ou un tampon PEACE qu’on peut appliquer sur des cartes du monde (Israël était particulièrement populaire, probablement grâce aux si charmants et altruistes Nethayou et Lieberman), elles impliquent le public dans leur jeu. Tout simplement pour nous rappeler que pour toutes les causes de ce monde, nous sommes les acteurs qui pouvont changer les choses. Une librairie de livres sur l’actualité internationale, les différentes cultures et religions, sur l’histoire était également à consulter sur place (et éventuellement offertes à des écoles défavorisées), ayant pour message qu’ il n’y a rien qui change sans prise de conscience, mais également sans ouverture d’esprit.
Et justement, ce n’est pas une exposition de beaux-arts, mais un cheminement intellectuel qu’on nous offre à travers ces salles blanches. Que malgré nos acquis, il ne faut pas rester dans notre tour d’ivoire à prendre du Valium en braillant sur nos petits problèmes d’Occidentaux choyés, à détourner le regard de l’image du reste en train de s’embraser.
Et surtout, surtout, c’est un rappel à tous les blasés, tous les inertes, de ce monde ce que l’existentialisme de Sartre disait : ne pas décider, ne rien faire, c’est aussi un choix et un parti pris.
Alors, dans cette ère où on se réveille enfin à propos de l’environnement et du libéralisme économique, salissons-nous les mains tous ensemble.

No comments yet
Flux de commentaires pour cet article